Un règlement de travail de 1870

Au moment où un certain nombre d’acquis sociaux sont remis en cause au nom de la compétitivité de nos industries et par-delà, au nom de la sacro-sainte croissance, il n’est peut-être pas inutile de revenir un peu plus d’un siècle en arrière.

Ce règlement de travail, datant de 1870, est qualifié de « progrès considérable » par la direction qui en fait don à ses travailleurs. Elle émet ainsi le souhait que ces nouvelles conditions de travail amélioreront grandement le rendement des travailleurs… Sic !

reglement

Cliquer sur l'image pour visualiser
(fichier pdf)

Ce document m'a été transmis par Monsieur Jacques Guermant qui l'a retrouvé dans de vieux papiers de sa grand-mère

Chacun pourra mesurer le chemin accompli depuis ces temps pas tellement éloignés à l'échelle humaine.

Mais n’oublions jamais que ce progrès social ne fut, en aucune façon, dicté par des idées de générosité ou d’humanisme. C’est pas à pas et au prix de longues et pénibles luttes sociales que nos grand-parents et arrière-grand-parents conquirent les droits et les conditions de travail que nous connaissons.

Leur remise en cause, même minime, est un signal auquel il convient d’être attentif. Les raisons invoquées sont toujours les mêmes : finances publiques, rentabilité, concurrence, croissance …

La mondialisation a fait en sorte que la concurrence s’exerce, dorénavant, avec des pays dits « émergeants » ou en voie de développement, lesquels ont encore un très long chemin à parcourir vers un statut social qui puisse être qualifié de décent.

La croissance économique, elle est pourtant bien effective. Les richesses augmentent de façon considérable. Mais dans le même temps, cette croissance crée beaucoup de chômage et fort peu d’emplois.

Des études très sérieuses montrent, sans équivoque, que depuis quelques années, les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres …

Je ne suis ni économiste, ni politique… mais en temps qu’humaniste, j’estime qu’une société dont le développement se fonde sur de tels principes ne pourra jamais se prévaloir de l’appellation « société de progrès ».


Depuis le XIXe siècle, on a pu constater dans l'histoire économique une succession de cycles de croissance, qui durent plus ou moins 25 ans, et de cycles de décroissance, qui durent eux aussi environ 25 ans.
Ce que l'on appelle " la mondialisation " est un cycle de croissance qui a commencé aux alentours de 1990 et qui présente un certain nombre de caractéristiques économiques.
Ce cycle, dans lequel nous sommes, se caractérise essentiellement, au niveau social, par une croissance des inégalités. Les tenants de la mondialisation libérale soulignent à juste titre que la richesse augmente, tant au Nord qu'au Sud, mais ce qu'ils ne disent pas c'est que les plus riches deviennent de plus en plus riches et les plus pauvres de plus en plus pauvres. Ceux qui veulent lutter contre ces inégalités ne sont en réalité pas anti-mondialistes mais bien alter-mondialistes. Ils veulent une autre mondialisation. Ils puisent leurs racines dans l'internationalisme, dont une figure de proue était Jean Jaurès.

Denis Stokkink, économiste, diplômé de l'ULB. Il préside le Centre régional du libre examen de Bruxelles.

http://www.ulb.ac.be/espritlibre/html/el062002/21.html

Retour Accueil