Histoire
du droit de vote en Belgique
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À l'indépendance de la Belgique,
le droit de vote était réservé aux Belges de
sexe masculin âgés de 25 ans au moins, qui payaient
un impôt minimum appelé le cens (vote censitaire)
ou qui avaient atteint un certain niveau d'instruction ou occupaient
une fonction reconnue dans la société (vote
capacitaire). L'élection des
200 membres du Congrès national le 3 novembre 1830 s'est ainsi
déroulée selon un mode à la fois censitaire
et capacitaire.
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La Constitution de 1831 retient le vote
censitaire mais pas le vote capacitaire pour les élections
de la Chambre, du Sénat et
des conseils
provinciaux et communaux. Le
cens connaîtra deux diminutions, en 1848 et en 1871,
qui auront pour effet d'élargir le corps électoral. En
1883 le vote capacitaire sera réintroduit, entraînant
lui aussi un accroissement du nombre des électeurs.
Les électeurs appartiennent donc majoritairement à l’aristocratie
et à la bourgeoisie,
mais on trouve également
de nombreux agriculteurs et des cabaretiers.
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En 1893, le suffrage
universel est inscrit dans la Constitution : à partir
de cette date, tous les Belges de sexe masculin de plus de 25 ans
sont électeurs. Mais certains disposent d'une ou
de deux voix supplémentaires (vote plural) parce
qu'ils sont électeurs capacitaires, sont chef de famille,
ont plus de 35 ans ou paient une taxe de résidence de 5
francs minimum et/ou détiennent un livret d'épargne
de 2 000 francs minimum ou bénéficient d'une rente
viagère de 100 francs. Jusqu'alors, il fallait avoir 21
ans pour voter aux élections communales. L'âge minimum
est porté à 30 ans en 1893 et une quatrième
voix est accordée, pour ces seules élections, aux
pères de famille payant un cens électoral déterminé ou
dont le revenu cadastral atteint 150 francs.
Simultanément est introduite l'obligation constitutionnelle
de voter, qui est toujours en vigueur pour tous les scrutins.
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Le suffrage universel pur et simple est
appliqué dès 1919, mais inscrit dans la Constitution
en 1921 seulement ; il vise les hommes de plus de 21 ans,
chacun disposant désormais d'une et une seule voix. Les
femmes obtiennent en 1921 le droit de voter aux élections
communales tandis que les veuves de guerre et les mères de
soldats décédés peuvent également participer
aux autres élections.
Les premières élections au suffrage universel masculin, à partir
de 21 ans,
ont lieu le 16 décembre 1919,
avant même que
la Constitution n’ait été modifiée.
L’adoption
d’une simple loi électorale permet, le 16 décembre
1919, à tous les hommes âgés de 21 ans au moins,
de disposer d’une voix en attendant la révision de l’article
67 de la Constitution qui intervient le 7 février 1921.
L'âge minimum est abaissé à 18
ans d'abord pour les élections communales (première
application en 1970), puis pour les autres élections (à partir
de 1981).
Les ressortissants d'un État membre de l'Union européenne
peuvent, moyennant inscription sur la liste des électeurs
de la commune où ils résident, participer aux scrutins
européens et communaux (et être candidats à ceux-ci).
Les autres étrangers, moyennant certaines conditions, peuvent
s'inscrire pour être électeurs aux élections
communales à partir de celles d'octobre 2006 ; ils ne
peuvent toutefois pas être candidats.
Sources :
document officiel : Monsieur Jacques GUERMANT
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