Le 31 décembre 1997, ce fut ton dernier réveillon et tu étais au travail ;
tu assurais le service de garde avec quelques camarades

dans les ateliers du Tec Liège-Verviers.

Dans ces ateliers où 19 jours plus tard, un destin cruel et sans pitié t’arrachait définitivement à nous.
Tu n'avais que 26 ans.

Deux ans déjà, deux ans seulement, deux années de ténèbres, de souffrance et de révolte.
On dit que le temps atténue les peines. Il faut croire que celle-ci échappe à la règle,
car il ne fait que la rendre plus pesante, plus affligeante.
Le temps, on le compte à rebours : celui qui nous sépare de la délivrance.
Nous voudrions croire que ce soit celui des retrouvailles.
Mais comment et à quoi croire lorsqu'on ressent une telle injustice?
Tout ce que nous savons, c’est que quoi que tu sois, où que tu sois, bientôt nous le serons, bientôt nous irons.
Un jour, nous ne serons plus là pour nous souvenir, pour te chérir et pour fleurir ta tombe.
C’est vrai que, sauf pour les parents désenfantés, le temps efface le souvenir.
Quelle sera la durée de vie de cette page ? Je l’ignore.
Mais que ceux qui parcourront ces lignes puissent avoir une pensée pour toi
et te dire « Salut Schumi », puisque c'était ainsi que t'appelaient tes copains.
On ne te connaissait pas, mais tu devais être un type bien.

Tu étais jeune, tu étais beau,
Tu étais fort, tu étais tendre.
Des rêves, des projets, des voyages,
Des rêves de projets,
Des projets de voyages,
Des voyages de rêve,
Tu en avais plein les yeux.
Des amours, des enfants, des pleurs,
Des amours d'enfant
Des enfants d'amour,
Des pleurs d'enfant,
Tu en avais plein la tête.
La vie t'ouvrait les bras,
Tu lui ouvrais les tiens.
Tes bras étaient forts,
Tes bras étaient tendres.
Le destin est injuste, la mort est cruelle.
Un cruel destin pour une mort injuste.
Tes bras se sont refermés,
Tes yeux se sont éteints,
Ta tête s'est reposée.
Tes parents te pleurent,
Tes parents implorent,
Tes parents se révoltent
Leurs yeux sont fatigués de tant de pleurs,
Leurs bras sont las de tant implorer,
Leur tête est lourde de tant de révolte.
Tu étais jeune, tu étais beau,
Tu étais fort, tu étais tendre.
Tu es notre enfant.
Tu es notre chair, tu es notre sang.
En nous, tu vivras
Aussi longtemps que nous vivrons.


Ernonheid, le 12 janvier 2000