Remontant à la nuit des temps, l’industrie métallurgique
puise ses racines dans l’expérience, l’audace, et l’ingéniosité de l’homme.
Très tôt dans son histoire, « Homo faber » tirera du sol, les matières
dont il fera parures, outils, armes,
avant de s’engager dans de vastes constructions.

Les premiers âges

La première rencontre de l’homme et du métal est sans doute le résultat d’un hasard. C’est probablement en cherchant des galets chatoyants pour ses parures, qu’un jour il aura été intrigué par l’une ou l’autre pierre qui n’était pas une pierre comme les autres, ni par son aspect, ni au toucher.

Pépite d’or ou minerai de cuivre, il aura constaté qu’en martelant ces pierres, il pouvait en modifier la forme. C’était la naissance des premiers bijoux.

L’âge du cuivre ou période chalcolitique

Le Chalcolithique (du grec khalkos, « cuivre », et lithos, « pierre ») est la période de transition entre le l’âge de la pierre (néolithique) et l'âge du bronze.

Dans les cultures néolithiques du Proche-Orient et du sud-est de l'Europe aux Ve et IVe millénaires av. J.-C., le cuivre natif est simplement martelé pour obtenir la forme désirée. Il se répand dans les sociétés agricoles sous forme de petits objets comme perles ou alênes (poinçon pour le cuir).

La maîtrise du feu, acquise par les potiers néolithiques, permet l'élévation de température des foyers et est à l'origine de la métallurgie.

Déjà attesté vers l’an 4300 avant J.-C., dans le pays de Sumer, le cuivre pénètre en Égypte avec les échanges commerciaux.

Au Fayoum, vers 3600 avant J.-C., on trouve des outils en cuivre pour trancher bois ou cuir sur les bords du Nil. Vers 3000, il est devenu franchement utilitaire et extrait de la mine. Les métaux natifs comme l’or et l’argent, plus rares, sont alors utilisés comme parure.

Les plus anciennes mines connues en Europe sont celles de Rudna Glava en Serbie, et d'Aï Bunar en Bulgarie, utilisées dès 4500 J.-C. Des puits profonds de plus de 20 mètres suivaient les filons de malachite.

L’âge du bronze

L’âge du bronze qui succéda à la période néolithique (âge de la pierre), est la période de la protohistoire correspondant à l'invention de la métallurgie, notamment du travail du bronze, pour la fabrication d'outils, d'armes, de bijoux et d'objets de culte.

En Europe, l'âge du bronze est subdivisé en 3 périodes : bronze ancien (1800-1500 av. J.-C.), bronze moyen (1500-1200 av. J.-C.) et bronze final (1200-800 av. J.-C.). Il précèdera l'âge du Fer.

  Objets celtes en bronze Ces objets celtes trouvés en France et à l'ouest de l'Allemagne datent de l'âge du bronze (IIIe millénaire).

Obtenu par la fusion de minerais de cuivre auquel on a ajouté de l’étain, le bronze apparut au IIIe millénaire avant J.-C. en Asie Mineure. Non malléable, mais d’une grande fluidité, il sera coulé avec le concours des potiers déjà experts dans le traitement des sables et argiles. C’est ainsi qu’épées, pointes de lances, haches, couteaux, épingles et broches seront obtenus par moulage. D'autres objets comme les boucliers étaient fabriqués à partir de feuilles de métal mises en forme au marteau.

Origine des noms de métaux :

L’étain doit son nom aux îles Cassitérides (actuellement îles Scilly) en Cornouailles. C’est ainsi que les Grecs appelaient ces îles où ils s’approvisionnaient en étain auquel ils avaient donné ce nom.

Le cuivre doit son nom à Chypre. Les Grecs l’appelaient « aes cyprium » (l’airain de Chypre).

Quant au bronze, il vient du nom du port du Sud de l’Italie : Brindisi, l’antique Brundisium, par l’italien bronzo. (Guy Rachet - « Des mondes disparus, des Egyptiens aux Mayas »)


L’âge du fer

Dès le IIIe millénaire, Sumériens et Égyptiens avaient taillé et ciselé des minerais de fer bien cristallisés tels la magnétite ou l’hématite : de nombreux objets retrouvés en témoignent.

Un texte datant de 3500 avant J.-C., atteste de l’utilisation par les Égyptiens, de bas foyers rudimentaires qui leur permettaient d’extraire le fer du minerai. Dans ces bas foyers dont l’ouverture était ménagée de manière à profiter des vents dominants, couches de minerais et couches de charbon de bois alternaient. Ainsi, les premiers métallurgistes pouvaient réduire les oxydes en prolongeant suffisamment l’opération. Démolissant ensuite le four, ils y trouvaient une pâte visqueuse, mêlée de scories, que le forgeron travaillerait ensuite au marteau pour l’épurer.

En Asie Mineure, dès le Ier millénaire avant J.-C., le fer va petit à petit prendre la place du bronze pour les outils tranchants, mais l’effort des techniciens se portera particulièrement sur les armes que les chefs veulent aussi belles qu’efficaces

En Europe, les premières implantations métallurgiques sont situées à Hallstatt (900 av. J.-C.), peut-être par l’intermédiaire des Étrusques, puis à La Tène (à partir de 500).

La Tène :
Station protohistorique sub-lacustre du Lac de Neufchatel.
La station sub-lacustre de La Tène a révélé l’équipement des Celtes : longues épées en fer, casques pointus, grands boucliers de bois à umbos de bronze et poignards à manches anthropomorphes Hallstatt :
Le site de Hallstatt en haute Autriche révèle en 1846 un grand cimetière où les premières armes en fer concurrençaient les poignards en bronze. Ces Hallstattiens qui exploitent le sel gemme local se rattachent à d’autres groupes de guerriers cavaliers dont l’origine thraco-cimmérienne est supposée. On retrouve leurs longues épées de bronze à bouterolles imposantes, leurs mors de chevaux et leurs fibules de l’Allemagne du Sud au Jura, en Bourgogne, dans la vallée du Rhône et dans le nord de l’Espagne.  

diffusion du fer

Chez les peuples européens, la forgerie remonte à la haute antiquité. Les termes qui désignent le forgeron : faber, ferrarius (latin) - goba (celtique) - Smid (germanique) formèrent de bonne heure des noms propres : Fabricius - Gobannitio - Schmied - Smed (en suédois) - Smith en anglais… et par la suite : Lefebvre - Lefevre (français) - Fabbro (italien) - Fabre (provençal et occitan) - Faure (occitan) - Fierar (roumain) - Ferrer (catalan) - Ferreiro - (portugais) - Herrero (castillan) - Kouzniets (russe) - Kowal (polonais) …

A.Lovegnée - op. cit. p.66


Les Romains ont largement exploité les ressources minières dans les pays conquis, établi des ateliers de toutes sortes, armes, monnaies, etc.

Le fer était produit au bas fourneau, simple trou dans le sol où on mélange le minerai, le charbon de bois et les fondants. Après réduction, on obtenait une loupe de fer spongieuse qu'il fallait cingler énergiquement.

Progressivement, les bas foyers primitifs sont remplacés par des fours munis de souffleries activées par la traction chevaline.

 

bas-fourneau